Profil Épidémiologique de la Rage dans la Région de Maradi (Niger) de Septembre 2015 à Aout 2018

Mahaman Laouali HAROUNA AMADOU, Ousmane ABDOULAYE, Oumarou AMADOU, Biraïma AHAMADOU, Sani KADRI, Mahamadou GADO, Soumaîla MAHAMANE AMADOU, Moussa ABDOU NEINO, Illiassou TAWAYE, Eric ADEHOSSI

Abstract


RÉSUMÉ
Objectifs. déterminer la fréquence des morsures d’animaux, de la rage humaine et animale, puis la fréquence et la nature des animaux mordeurs de septembre 2015 à aout 2018 (3 ans) dans la région de Maradi. Matériels et Méthodes. Nous avons analysé les registres et dossiers relatifs à la rage au niveau de la direction régionale de l’élevage et au service des maladies contagieuses du Centre Hospitalier Régional (CHR) impliqué dans la prise en charge des cas de rage humaine. Le diagnostic de rage humaine avait été évoqué sur des arguments cliniques : agitation, aérophobie et hydrophobie mortelle en quelques jours, suite à la morsure d’animal connu ou non. L’agitation et l’agressivité suivies de la mort des animaux en période d’observation de 15 jours au maximum et trente jours pour les animaux sauvages ont permis le diagnostic chez les animaux. Résultats. Nous avons enregistré 102 cas de morsure par des animaux dont 82,16% provenaient du centre-ville de Maradi et 7,84% des villages environnants. L’animal mordeur était le chien dans 99,02 % des cas et le chat pour 0,98 %. Les membres étaient les sites privilégiés de morsures. Celles-ci étaient multiples dans 5 cas (4,90%). Parmi les cas de morsures, il y a eu deux cas de rage humaine et l’animal incriminé était le chien dans les deux cas. Les deux patients sont décédés de rage quelques jours après les manifestations cliniques de la maladie. En outre, 92 animaux mordeurs avaient été mis en observation au service vétérinaire, 100% ont été déclarés cliniquement non enragés. Parmi les 102 personnes mordues, aucune n’avait un carnet vaccinal contre la rage et seuls les propriétaires de deux chiens (2,17%) mordeurs avaient un carnet vaccinal à jour de leur animal. Conclusion. Le virus rabique circule encore dans la région de Maradi. Des mesures urgentes et adéquates doivent être prises pour sécuriser les personnes et les animaux.
ABSTRACT
Objectives. To report the frequency of animal bites, human and animal rabies, and the frequency and nature of biting animals from September 2015 to August 2018 (3 years) in the Maradi region. Materials and Methods. We analyzed the rabies records and records at the regional livestock management and contagious diseases departments of the Regional Hospital Center involved in the management of human rabies cases. The diagnosis of human rabies was based on clinical arguments: agitation, aerophobia and deadly hydrophobia in a few days, following the bite of animal known or not. The agitation and aggression followed by the death of the animals during post-bite observation periods of up to 15 days and 30 days for wild animals made it possible to retain the diagnosis in animals. Results. There were 102 animal bite cases, of which 82.16% were from Maradi city center and 7.84% from the surrounding villages. The biting animal was the dog in 99.02% of cases and the cat in 0.98%. The limbs were the preferred sites of bites and the bites were multiple in five cases (4.90%). Among the 102 cases of bites, there were two cases of human rabies and the offending animal was the dog in both cases. Both patients died a few days after the clinical manifestations of the disease. In addition, 92 biting animals were placed under observation in the veterinary service and all were declared clinically not rabid. Among the people who were bitten, none provided rabies vaccination cards. Only the owners of two dogs (2.17%) provided an updated vaccination booklet for their animal. Conclusion. The rabies virus is still circulating in the Maradi region. Urgent and adequate measures must be taken to secure people and animals.


Keywords


Profil épidémiologique - exposition - rage – Maradi - Niger.

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