Connaissances, attitudes et pratiques des radiologues et des spécialistes de la sphère cervico-faciale vis-à-vis de la radiographie panoramique dentaire à Yaoundé

Rosalie Claire NGAH
Chirurgie buccale, maxillo-faciale et parodontologie, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction : La radiographie panoramique dentaire autorise une exploration de la majorité des pathologies de l’étage inférieur du massif facial. Cette méthode d’exploration extra-orale est la plus utilisée en pratique quotidienne et est particulièrement performante en imagerie dentaire, maxillo-faciale et oto-rhino-laryngologie (ORL). La fréquence élevée d’erreurs de diagnostics est due à plusieurs limites qu’elle possède, aux interprétations erronées, au manque de dialogue existant entre les différents acteurs. C’est ainsi qu’un regard doit être posé à l’égard de la radiographie panoramique des patients en vue d’améliorer leur prise en charge. Au Cameroun, le problème socio-économique est lié à son coût élevé, à sa disponibilité ; ce qui conduit souvent à sa sous-exploitation et sous- exploration. Notre étude se propose d’évaluer les connaissances, attitudes et pratiques des radiologues et des spécialistes de la sphère cervico-faciale vis-à-vis de la radiographie panoramique dentaire à Yaoundé.
Méthodologie : Une étude CAP (Connaissances, Attitudes et Pratiques) a été menée de Novembre 2016 à Mai 2017 dans 52 structures dont 37 cabinets dentaires, 10 hôpitaux du domaine public et 5 structures d’imagerie médicale du domaine privé de la ville de Yaoundé. Notre population d’étude était constituée des radiologues, des chirurgiens-dentistes et des ORL. La collecte des données s’est effectuée à l’aide de deux questionnaires différents, administrés aux radiologues et aux spécialistes de la sphère cervico-faciale. Le traitement des données a été réalisé grâce aux logiciels SPSS version 20.0 et Microsoft Excel 2007.
Résultats : Le niveau de bonne connaissance globales sur la radiographie panoramique dentaire était faible soit 13,6% pour les spécialistes de la sphère cervico faciale et 11,7% pour les radiologues. D’une manière générale, le niveau de connaissance sur les indications de la radiographie panoramique était moyen, soit 46% pour les spécialistes et 76,5% pour les radiologues. Une connaissance faible ou insuffisante des éléments anatomiques à visualiser était observée pour 45,6% des prescripteurs et 41,2% des radiologues. Une association statistiquement significative était retrouvée entre le nombre d’années d’exercices et la connaissance des éléments anatomiques à visualiser (valeur p= 0,04). Concernant les connaissances sur les critères de réussite, elles étaient faibles, soit 19% pour les prescripteurs et 17,6% pour les radiologues. Devant une radiographie de mauvaise qualité, 42% ont affirmé qu’ils renvoyaient le malade dans le même centre/service et 53% des radiologues ont affirmé qu’ils refaisaient ladite radiographie lorsqu’ils les recevaient pour mauvaise qualité. Les traumatismes dentaires et les lésions osseuses associées étaient les principales situations qui conduisaient à sa prescription en pratique courante.
Conclusion : Le taux bas de bonnes connaissances globales sur la majorité des éléments entrant dans les critères de qualité d’une radiographie panoramique pour les spécialistes et les radiologues, l’attitude non conforme de près du tiers des spécialistes et les radiologues face à une radiographie de mauvaise qualité, reflétaient une connaissance faible chez les différents acteurs. Les situations indiquant la prescription de la radiographie panoramique en pratique courante étaient mal connues par les spécialistes qui n’avaient que les traumatismes comme situation principale.


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