Suivi thérapeutique des patients sous anticoagulants au service de réanimation: cas de l'Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé

Sonia Arielle YIMPE (yimpesonia@yahoo.com)
Chirurgie et spécialités, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction: les anticoagulants se définissent comme des substances destinées à empêcher la coagulation du sang. C’est une classe pharmacologique de médicaments indispensables et incontournables dans le traitement préventif et curatif de nombreuses pathologies telles que la thrombose veineuse, la fibrillation auriculaire. Leur utilisation n’a pas cessé de croître ces dernières années, exposant ainsi les patients à de nombreux risques aussi bien hémorragiques que thrombotiques. Pour pallier à ces effets, un suivi tant clinique que biologique a été instauré sur certains paramètres à l’instar de la recherche d’éventuels signes de saignement extériorisé ou de signes pouvant évoquer un saignement non extériorisé, du Temps de Céphaline Active, de l’International Normalize Ratio. Notre objectif était d’évaluer le suivi des patients sous anticoagulant au service de réanimation de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé.
Méthodologie: Il s’agissait d’une étude prospective analytique observationnelle portant sur 6 mois, allant de Décembre 2016 à Mai 2017 au service de réanimation de l’Hôpital Gynéco-Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé. Etait inclus dans notre étude, tout patient sous anticoagulant au service de réanimation ayant donné son consentement éclairé. L’échantillonnage était consécutif et non exhaustif. Les informations ont été recueillies à l’aide d’une fiche de collecte des données. Elle prenait en compte pour chaque patient les données d’identification, les antécédents, les examens biologiques (Temps de Céphaline Active, International Normalize Ratio, Numération de Formule Sanguine), le motif d’hospitalisation, la pathologie nécessitant l’anticoagulation, les molécules employées, la survenue d’un effet secondaire. Les données recueillies étaient analysées avec le logiciel Epi info version 3.5.4 et Microsoft office Excel 2007. Les variables quantitatives ont été décrites par leur moyenne, l’écart-type et les variables qualitatives par leur pourcentage et effectif.
Résultats: Soixante et un (61) participants de sexe féminin ont été recrutés. La classe d’âges la plus représentée était celle comprise entre 30-39 ans (39,30% des cas soit 24 patientes). Le traitement préventif de la maladie thromboembolique était l’indication la plus fréquente (88,5%), suivi du traitement curatif de la thrombose veineuse profonde (11,5%). L’énoxaparine était prescrite chez toutes les patientes (100%) ; suivie de l’acénocoumarol prescrit dans 8,2% des cas et du rivaroxaban prescrit dans 3,3% des cas. S’agissant des patientes sous Héparine de Bas Poids Moléculaire, la valeur moyenne du Temps de Céphaline Active était de 30.2±6,8 secondes avec des extrêmes allant de 25 à 42 secondes avant admission dans le service. La valeur moyenne du Temps de Céphaline Active 48 heures après le traitement était de 30,5±4,7 secondes avec un minimum à 23 secondes et un maximum à 47,7 secondes. Nous ne notions pas d’allongement du TCA chez aucune patiente. La numération des plaquettes a montré une valeur moyenne de 230,5±103,5×103/mm3, avec un minimum à 79 ×103/mm3 et un maximum à 540 ×103/mm3 le premier jour. Deux jours après la moyenne des plaquettes était de 213±80,3×103/mm3 ; les extrêmes allant 42-440×103/mm3 deux jours après. Concernant les patientes sous AVK, les délais d’atteinte de l’INR cible (2-3) étaient de quatre jours chez trois patientes, de huit jours chez une patiente. Cependant, nous remarquions qu’une patiente avait présenté un INR compris entre 4-6 pendant huit jours. Cette persistance de valeur de l’INR élevée s’est traduite par un arrêt de l’AVK. La survenue d’une thrombose de la veine rénale était l’évènement thrombotique noté lié à l’usage des anticoagulants dans un cas, par contre la métrorragie était l’évènement hémorragique observé chez une patiente et une réaction allergique dans un autre cas. La durée de l’anticoagulation variait entre 2 et 50 jours pour le traitement Préventif et de 14 à 61 jours pour le traitement curatif de la thrombose veineuse profonde.
Conclusion : Le suivi de patients sous anticoagulants au service de réanimation prend en compte les paramètres cliniques tels le motif d’hospitalisation, les paramètres paracliniques à l’instar de la NFS, l’INR et le TCA. L’indication la plus fréquente était la prévention de la maladie thromboembolique qui s’effectuait avec de l’enoxaparine. Suivie de la thrombose veineuse profonde qui se réalisait à l’aide de l’acénocoumarol, de l’enoxaparine et du rivaroxaban. Nous ne remarquions aucune variation du TCA dans notre série. Les valeurs de l’INR chez les patients sous AVK étaient instables. Le protocole de prises en charge des surdosages selon les recommandations des sociétés savantes est respecté. Mais les médicaments associés ne sont pas pris en compte ce qui peut être à l’origine des évènements hémorragiques.


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