Santé buccodentaire des Peuples autochtones des campements pygmées BAKA

Nancy Vanessa MENGUE (NANCYEDZOA@GMAIL.com)
SANTE PUBLIQUE, UNIVERSITE DE YAOUNDE I
June, 2017
 

Abstract

Introduction : Les pathologies buccodentaires touchent toutes les couches de populations mais restent très inégalement réparties au sein des couches sociales. Les personnes à faibles revenus, qui sont moins bien éduquées et qui en raison de difficultés spécifiques d’accès à la prévention et aux soins, sont plus vulnérables aux pathologies buccodentaires que la population générale. C’est le cas des populations autochtones qui du fait de la marginalisation dont elles sont victimes résident dans les zones en retraits en milieu rural, Et de ce fait sont confrontées aux conditions socioéconomiques déplorables. Au Cameroun la réponse sanitaire contre les pathologies buccodentaires bien qu’étant effective reste concentrée en milieu urbain. Aussi est-il nécessaire d’accorder une importance à la santé buccodentaire des populations vivant dans ces zones d’accès difficile pour une amélioration globale. C’est ainsi que la présente étude c’est donc proposée de décrire l’état de santé buccodentaire des peuples autochtones des campements pygmées Baka de Bengbis, Djoum et Mintom. Afin de ressortir leurs besoins en santé buccodentaire.
Méthodologie : une étude descriptive transversale s’est déroulée sur une durée de 7 mois allant de novembre 2016 en mai 2017 dans 22 campements pygmées du département du Dja et Lobo. La population d’étude était constituée de Bakas et Bantous âgés de 15 à 75 ans. Un sondage aléatoire simple a été effectué pour choisir les campements dans lesquels la collecte devait s’effectuer. Pour obtenir cette population un échantillonnage consécutif a été réalisé dans chaque campement. La collecte des données s’est effectuée à l’aide d’une fiche technique conçue selon le modèle préconisé par l’OMS. L’évaluation de la qualité des pratiques s’est faite au travers des questions concernant l’hygiène buccodentaire et ensuite on a effectué les scores pour catégoriser les attitudes et les pratiques selon ESSI et coll. Les données cliniques relatives à la pathologie carieuse et parodontale ont été obtenues à l’aide de l’indice CAOD et de l’indice CPI modifié. Quant à l’offre en soin, elle a été évaluée non seulement à travers le besoin en soin et les infrastructures, mais également à travers le plateau technique, le personnel mise à la disposition dans la localité et la prise en charge des pathologies.la sévérité de la vulnérabilité a été évaluée selon les critères d’ESSI et coll. L’analyse des données s’est faite grâce au logiciel SPSS 18.0.
Résultats : la population d’étude était constituée de 120 personnes ayant un âge moyen de 37,22 ±15,89. Et le sexe ratio était de 0,96 .Le niveau d’instruction était celui du primaire pour 60,6% de personnes, celui du secondaire pour 33,7% et ceux qui n’étaient jamais allés à l’école représentaient 5,7%. L’activité qui prédominait au sein de la population était l’agriculture de subsistance 77,5%. Concernant les pathologies les plus rencontrées La prévalence de la carie dentaire dans cette population était de 77,5% et l’indice CAOD de 5,5. Le saignement était présent chez toutes les personnes (100%), le tartre chez 89,16% de personnes, les poches de 4-5mm chez 25,83% de personnes et les poches de 6 mm à plus chez 1,66%. Pour ce qui est de l’hygiène buccodentaire La qualité des pratiques était néfaste pour 27,7%, inadéquate chez 50,3% et adéquate pour 22%. Pour ce qui est de l’offre en soin, elle restait très faible et essentiellement administrée par l’ONG. L’offre en soin octroyée par l’état était inexistante. La totalité de la population avait besoin de soins parodontaux de base et 83,33% avait besoin de soins dentaires. Seulement 16,66% avaient déjà eu à bénéficier des soins dans la localité lors des campagnes de l’ONG. Ces soins remontaient au moins à un an pour la totalité des personnes qui avaient été soignées. Le score global de la vulnérabilité au sein de cette population était de 6,75, la vulnérabilité contextuelle 1,75, la vulnérabilité interne 1,5 et la vulnérabilité externe de 3,5.
Conclusion : en somme nous disons que l’état de santé buccodentaire des populations autochtones des campements pygmées Baka du Dja et Lobo est très préoccupant car la prévalence de la maladie carieuse et parodontale est très importante au sein de cette population. Les pratiques d’hygiène buccodentaires inadéquates accompagnées d’une insuffisance de la réponse sanitaire ont rendu cette population fragile vis-à-vis des pathologies buccodentaires.
Mots clés : Santé buccodentaire, inégalité en santé buccodentaire, peuples autochtones, vulnérabilité, indice caod/ maladie parodontale,


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