Evaluation de l'activité antibactérienne de polyphénols totaux de Ficus chlamydocarpa

Guy Martial NYANGTARE KOMBO (nkguymartial@yahoo.fr)
Pharmacognosie et Chimie Pharmaceutique, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction : La relation entre l’Homme et les microorganismes est très problématique. Elle peut aller de la symbiose à la pathogenèse entraînant comme conséquence majeure la mort. Les travaux de certains chercheurs notamment Pasteur, Jenner et Jablot ont permis une meilleur approche dans la compréhension des maladies infectieuses ayant pour origine les agents causals. Leur prolifération est due à l’utilisation inappropriée des antibiotiques entrainant ainsi des résistances avec pour conséquence le coût élevé des traitements. Cette situation oblige la population mondiale surtout des pays en voie de développement à se tourner vers la médecine traditionnelle. De ces faits, les chercheurs commencent à s’intéresser aux plantes comme alternative au problème du traitement des maladies infectieuses. Les plantes, riches en métabolites secondaires, sont une source potentielle de nouveaux principes actifs. Il est reporté dans la littérature que les plantes du genre Ficus plus précisément l’espèce Ficus chlamydocarpa sont utilisées en médecine traditionnelle pour traiter les pathologies liées aux infections notamment les diarrhées. C’est donc dans cette logique que nous avons donc entrepris d’évaluer in vitro l’activité antibactérienne des polyphénols totaux de Ficus chlamydocarpa à partir des extraits bruts des racines et des écorces du tronc.
Matériels et méthodes : Le matériel végétal était constitué des racines et des écorces du tronc de Ficus chlamydocarpa. Le screening phytochimique a été réalisé dans le Laboratoire de Pharmacognosie et de Chimie Pharmaceutique de la FMSB. Pour le matériel microbiologique, il était constitué de quatre souches bactériennes à savoir : Salmonella enterica, Escherichia coli, Klepsiella pneumoniae et Shigella flexineri provenant du laboratoire de Phytobiochimie et d’Etude des Plantes Médicinales de l’université de Yaoundé I. Les extraits bruts ont été obtenus par macération dans un système solvant hydroéthanolique (70:30, v/v) suivi d’une élimination d’éthanol et enfin d’une lyophilisation. L’évaluation de l’activité antibactérienne a été faite par les méthodes de diffusion des disques sur milieu gélosé et de microdilution en milieu liquide afin de déterminer les concentrations minimales inhibitrices et les concentrations minimales bactéricides.
Résultats : Le screening phytochimique réalisé sur l’extrait des racines et écorces a montré qu’elles contiennent des polyphénols, des flavonoïdes et des tanins catéchiques, des anthocyanes, des saponosides et stérols + polyterpènes. La CCM nous a révélé la présence d’au moins 5 composés dans les extraits à l’UV/366 nm. L’évaluation de l’activité antibactérienne a été concluante avec des concentrations minimales inhibitrices et des concentrations minimales bactéricides de l’ordre de 2,5 mg/mL et 5mg/mL. Pour l’extrait brut des racines les CMI etaient, sur la souche Escherichia coli de 2,5 mg/mL, sur Klebsiella pneumoniae de 5 mg/mL et Salmonella enterica de 2,5 mg/mL. Les concentrations minimales bactéricides sur la souche Escherichia coli 5 mg/mL, Salmonella entrica 2,5 mg/mL et sur Klepsiella pneumoniae est restée indéterminée. Pour l’extrait des écorces, on a obtenu comme concentrations minimales inhibitrices sur la souche Escherichia coli de 5mg/mL, Salmonella enterica de 2,5 mg/mL, Klepsilla pneumoniae de 5 mg/mL pour les concentrations minimales bactéricides sur les souches Escherchia coli non déterminée, Salmonella enterica de 5 mg/mL et Klepsiella pneumoniae de 5mg/mL.
Conclusion : En définitive, au vu des résultats que nous avons obtenus, nous pouvons conclure qu’à partir des concentrations minimales inhibitrices l’extrait brut des racines a une activité antibactérienne plus grande que les extraits d’écorces du tronc de Ficus chlamydocarpa. Ces deux extraits possédant des propriétés antibactériennes justifieraient ainsi l’utilisation de Ficus chlamydocarpa en médecine traditionnelle dans le traitement des diarrhées aigües infectieuses par la population de l’Ouest au Cameroun.
Mots clés : Maladies infectieuses, Polyphénols totaux, Activité antibactérienne, Ficus chlamydocarpa.


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