ETAT D'HYDRATATION DES ENFANTS SCOLARISES DE 7 à 11 ans: RELATION AVEC LES PERFORMANCES COGNITIVES A YAOUNDE

WILLIAMS MARCEL MINLEND (willysminlend@yahoo.fr)
PEDIATRIE, UNIVERSITE DE YAOUNDE I
June, 2017
 

Abstract

La déshydratation est un état de déficit en eau et en électrolytes. La déshydratation dite subclinique représente une perte de 1% à 3% du poids corporel en eau et survient sans que les manifestations physiques ne soient visibles. L’importance de ce trouble d’abord reconnu chez les personnes âgées en Europe occidentale (France, Italie, Belgique, Royaume-Uni) a suscité l’intérêt des chercheurs et des cliniciens chez les enfants en âge scolaire en raison d’altération de leurs capacités cognitives liée au phénomène de la déshydratation subclinique. Ce trouble est mal connu en Afrique et particulièrement au Cameroun où l’environnement socio-économique est susceptible de favoriser la prévalence de ce phénomène chez les enfants d’âge scolaire.
Devant la faible disponibilité des données sur le phénomène de la déshydratation subclinique et l’altération consécutive des capacités cognitives des enfants atteints, nous avons trouvé opportun de mener la présente étude.
Objectif : Rechercher un lien entre l’état d’hydratation et les performances cognitives des élèves.
Méthodologie : Il s’agissait d’un essai clinique randomisé sujets-témoins qui s’est déroulé de 10 Janvier au 16 Mai 2017 dans trois établissements primaires de la ville de Yaoundé sélectionnés à partir de l’accord des parents. IL s’agissait de l’école primaire de la Retraite, l’école primaire du Camp Bové et l’école primaire la Patience. Avaient été inclus les élèves âgés de 7 à 11 ans, en bon état de santé et munis du consentement éclairé de leurs parents. Au début de l’étude tous les enfants avaient fait l’objet d’une enquête sur fiche technique remplie par les parents et les enfants éligibles. En outre tous les sujets recrutés subissaient à l’aide d’un bio-impedancemètre, une mesure de leur poids corporel, de l’index de masse corporelle (IMC) et de la masse hydrique. De plus, chaque enfant éligible faisait l’objet d’un prélèvement de ses urines pour la mesure de la densité urinaire au moyen d’une bandelette urinaire graduée. Le deuxième jour d’intervention les élèves ont été repartis de manière aléatoire en deux groupes sujets et témoins. Les élèves du groupe-témoins ont conservé leurs habitudes hydriques alors que ceux du groupe d’étude ont bénéficié d’un apport en eau de 0,5 litre en plus de leurs boissons habituelles. Les capacités cognitives ont été mesurées à la fin à l’aide d’une fiche psychotechnique préalablement validée évaluant (l’humeur, l’attention, la concentration, l’impulsivité) et qui se rapprochait de celle utilisée par Edmond et al en 2009. L’analyse des données s’est effectuée grâce aux logiciels Epi-info version 3.5.4 et SPSS 23.0 WHO Anthroplus. Les variables quantitatives ont été jugées au test de Student et les variables qualitatives au moyen du test de Chi-Carré. Le seuil de significativité était fixé à 5%.
Résultats: Nous avons inclus 167 élèves comprenant 55,1% des filles et 44,9% des garçons. Le groupe sujet comportait 86 élèves et le groupe témoin 81 élèves. L’âge moyen était de 9.59 ± 1.04 ans, poids moyen 37.2 ± 9.1kg et la taille était de 142.7 ± 9.4 cm. Les deux groupes étaient comparables quant à l’âge, au poids et à la taille moyenne. La proportion des élèves déshydratés dès leur arrivée à l’école était de 76% avec une tendance à la prédominance masculine respectivement 78,7% et 74% pour les garçons et les filles. Au terme de la seconde journée, nous avons constaté la tendance suivante, le groupe d’étude ayant reçu un supplément de 500ml d’eau la proportion des élèves en déshydratation subclinique était de 56,96% contre 67,89 % dans le groupe témoin.
La différence de points lors de l’évaluation des capacités cognitives n’étaient pas suffisament significative. La relation entre l’état d’hydratation et les capacités cognitives n’a pas pu être établie.
Conclusion : Dans cette étude nous avons eu pour but de rechercher le lien entre l’état d’hydratation et les performances cognitives. Nous avons constaté que 76% des élèves arrivaient à l’école en déshydratation subclinique. Nous avons observé que lors de l’apport intentionnel d’eau le groupe des cas ont obtenu des meilleurs résultats en ce qui concernent la concentration, l’attention et le bavardage.
Mots clés : déshydratation subclinique ; Densité urinaire ; Capacité cognitive ; Yaoundé ; Cameroun


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