Evolution du paludisme et des helminthoses intestinales: données du CHUY, du PNLSHI et du PNLP

Vanessa Ghislaine Mangon à Nnyoung
Microbiologie / parasitologie / hématologie /immunologie, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction
Le paludisme et les verminoses intestinales sont des maladies parasitaires constituant un problème majeur de santé publique de par leur fréquence. Ceci a conduit l’OMS et le MINSANTE à mettre en place des programmes nationaux de lutte contre ces maladies. Cependant au fil des années, on a noté leur baisse, et en général celle de toutes les maladies infectieuses corroborant la théorie de la « transition épidémiologique » décrite par Omran en 1971. Ainsi donc nous avons réalisé cette étude dans le but de connaitre l’évolution du paludisme et des helminthoses intestinales au Cameroun depuis une vingtaine d’années.
Méthodologie :
Cette étude transversale rétrospective de février à mai 2017 a eu lieu au Ministère de la Santé publique, au laboratoire de parasitologie du CHUY et à la FMSB (départements de Microbiologie, Hématologie, Parasitologie, Maladies infectieuses et celui de Santé publique). La population étudiée a été les cas répertoriés dans les registres du laboratoire de parasitologie du CHUY et les populations recensées dans l’ensemble des districts de santé par les programmes. L’échantillonnage a été de convenance avec comme critères d’inclusion: au CHUY tout consultant ayant fait un examen coprologique et une goutte épaisse ; aux programmes tout patient consentant présent dans une formation sanitaire. Les considérations éthique et administrative ont été respectées. Les données ont été recueillies au niveau national dans les programmes d’une part et dans la littérature d’autre part pour la période avant les programmes ; et au niveau hospitalier dans les registres du CHUY.

Résultats :
Les espèces parasitaires retrouvées ont été : pour le paludisme, Plasmodium falciparum, Plasmodium malaria et Plasmodium ovale ; pour les helminthoses intestinales, Trichuris trichiura, Ascaris lumbricoides, Necator americanus, Strongyloides stercoralis et Entérobius vermicularis. Avant l’intervention du Programme National de Lutte contre le Paludisme, les taux de prévalence du paludisme était de 45% en 1998 et 40% en 1999 ; de 35% en 2015 et 33% en 2016 soit après cette intervention. S’agissant des vers intestinaux, avant le Programme National de Lutte contre la Schistosomose et les Helminthoses Intestinales leurs taux de prévalence étaient de 53,6% en 1998 et 48,2% en 1999 ; après ils étaient retrouvés à 43 ,3% en 2015 et 31,6% en 2016.
Une baisse du paludisme et des verminoses a été retrouvée durant la période d’étude au CHUY et au niveau des programmes nationaux de lutte.
Un double phénomène de convergence a été constaté avec une baisse de ces pathologies concordant avec la théorie de la « transition épidémiologique ».
Mais nous avons aussi remarqué que malgré la régression, ces maladies persistaient dans notre milieu.
Conclusion :
Dans la population étudiée, les pathologies infectieuses et parasitaires ont été en régression comme l’a stipulé la théorie d’Omran mais cette tendance a commencé depuis bien avant la mise en place des programmes nationaux de lutte. Nos pays en voie de développement ont la particularité de vivre cette régression mais aussi la persistance de ces pathologies.

Mots-clés : paludisme, verminoses, programmes nationaux, transition épidémiologique


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