Syndrome d’apnées du sommeil chez un groupe de patients en insuffisance cardiaque dans deux hôpitaux de référence de Yaoundé

Ben Patrick Michel Junior Moutlen
Médecine interne et spécialités, Université de Yaoundé I
June, 2017
 
Introduction : Le lien bidirectionnel entre le Syndrome d’Apnées du Sommeil (SAS) et l’Insuffisance cardiaque (IC) s’explique par les effets délétères du SAS sur le système cardiovasculaire d’une part et sa grande prévalence au sein de cette population particulière d’autre part. En Afrique subsaharienne, la littérature sur le sujet est pauvre.

Objectifs : Le but de cette étude était de déterminer la prévalence et les facteurs associés au SAS modéré à sévère chez les patients ayant une insuffisance cardiaque en milieu hospitalier.

Méthodologie : Il s’agissait d’une étude transversale analytique, réalisée sur une période de quatre mois dans les unités de cardiologie de l’Hôpital Central de Yaoundé et l’Hôpital Général de Yaoundé. Les patients âgés de plus de 21 ans hospitalisés pour insuffisance cardiaque décompensée étaient inclus de manière consécutive dans notre étude. Le diagnostic d’insuffisance cardiaque était posé par un médecin et confirmé par une échographie cardiaque qui datait de moins de trois mois. Le SAS modéré à sévère était défini comme la présence d’un Index d’Apnées Hypopnées (IAH)>=15 évènements par heure de sommeil à la polygraphie ventilatoire. Les sujets ont été séparés en deux groupes : ceux ayant le SAS et ceux ne l’ayant pas. Le test de Chi carré ou le test exact de Fisher a été utilisé pour la comparaison des proportions. La régression logistique a été utilisée pour rechercher les facteurs associés au SAS. Une différence a été considérée statistiquement significative si p <0,05.

Résultats : Au terme de notre étude, 30 sujets ont été inclus. L’âge médian était de (25ème -75ème percentile) 63(58-72) ans. Le sex-ratio était de 1. Le SAS modéré à sévère était retrouvé chez 18 sujets en insuffisance cardiaque soit une prévalence de 60%(IC à 95% : 40-76,7%). Sur le plan de la sévérité, la fréquence respective du SAS modéré et sévère était de 20% et 40%. Des 18 sujets atteints du SAS, 15(83,3%) avaient un SAS obstructif et 3(16,7%) avaient un SAS central. Le sex-ratio chez les patients ayant le SAS était de 1(p=1,000). La prévalence du SAS était de 23,3% chez les moins de 60 ans et 36,7% chez les plus de 60 ans (p=0,881). La médiane (25ème -75ème percentile) de l’indice de masse corporelle (IMC) chez les patients atteints de SAS était de 26,37(22,94-32,84) Kg/m2, avec une proportion de 55,6% de patients en surpoids(p=0,882). Le SAS modéré à sévère n’était associé ni au sexe, ni à l’âge et ni à l’IMC.

Conclusion : notre étude montre que le SAS est une affection très fréquente chez les patients ayant une insuffisance cardiaque décompensée à Yaoundé. La recherche systématique et la prise en charge du SAS chez ces patients pourrait améliorer le pronostic vital de ceux-ci. Le SAS ne semble être associé à aucun facteur indépendant.

Mots clés : Syndrome d’apnées du sommeil, Insuffisance cardiaque décompensée, Cameroun
 

Abstract

Introduction : Le lien bidirectionnel entre le Syndrome d’Apnées du Sommeil (SAS) et l’Insuffisance cardiaque (IC) s’explique par les effets délétères du SAS sur le système cardiovasculaire d’une part et sa grande prévalence au sein de cette population particulière d’autre part. En Afrique subsaharienne, la littérature sur le sujet est pauvre.

Objectifs : Le but de cette étude était de déterminer la prévalence et les facteurs associés au SAS modéré à sévère chez les patients ayant une insuffisance cardiaque en milieu hospitalier.

Méthodologie : Il s’agissait d’une étude transversale analytique, réalisée sur une période de quatre mois dans les unités de cardiologie de l’Hôpital Central de Yaoundé et l’Hôpital Général de Yaoundé. Les patients âgés de plus de 21 ans hospitalisés pour insuffisance cardiaque décompensée étaient inclus de manière consécutive dans notre étude. Le diagnostic d’insuffisance cardiaque était posé par un médecin et confirmé par une échographie cardiaque qui datait de moins de trois mois. Le SAS modéré à sévère était défini comme la présence d’un Index d’Apnées Hypopnées (IAH)>=15 évènements par heure de sommeil à la polygraphie ventilatoire. Les sujets ont été séparés en deux groupes : ceux ayant le SAS et ceux ne l’ayant pas. Le test de Chi carré ou le test exact de Fisher ont été utilisés pour la comparaison des proportions. La régression logistique a été utilisée pour rechercher les facteurs associés au SAS. Une différence a été considérée comme statistiquement significative si p < 0,05.

Résultats : Au terme de notre étude, 30 sujets ont été inclus. L’âge médian était de (25ème -75ème percentile) 63(58-72) ans. Le sex-ratio était de 1. Le SAS modéré à sévère était retrouvé chez 18 patients insuffisants cardiaques soit une prévalence de 60%(IC à 95% : 40-76,7%). Sur le plan de la sévérité, la fréquence respective du SAS modéré et sévère était de 20% et 40%. Des 18 sujets atteints du SAS, 15(83,3%) avaient un SAS obstructif et 3(16,7%) avaient un SAS central. Le sex-ratio chez les patients ayant le SAS était de 1(p=1,000). La prévalence du SAS était de 23,3% chez les moins de 60 ans et 36,7% chez les plus de 60 ans (p=0,881). La médiane (25ème -75ème percentile) de l’indice de masse corporelle (IMC) chez les patients atteints de SAS était de 26,37(22,94-32,84) Kg/m2, avec une proportion de 55,6% de patients en surpoids(p=0,882). Le SAS modéré à sévère n’était associé ni au sexe, ni à l’âge et ni à l’IMC.

Conclusion : notre étude montre que le SAS est une affection très fréquente chez les patients ayant une insuffisance cardiaque décompensée à Yaoundé. La recherche systématique et la prise en charge du SAS chez ces patients pourrait améliorer le pronostic vital de ceux-ci. Le SAS ne semble être associé à aucun facteur indépendant.

Mots clés : Syndrome d’apnées du sommeil, Insuffisance cardiaque décompensée, Cameroun


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