Effet de la supplémentation orale en vitamine C à forte dose chez les sujets ayant une hyperuricémie asymptomatique à Yaoundé.

Kevin ANYOPE ONOKE (kanyope@yahoo.fr)
Medecine interne et spécialités, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction : L’hyperuricémie est définie comme un taux d’acide urique ≥ 70 mg/l chez l’homme et ≥ 60 mg/l chez la femme. Elle est la conséquence d’une anomalie du métabolisme de l’acide urique. L’hyperuricémie est le facteur de risque principal clairement établi de la goutte. Elle constitue également de nos jours un véritable problème de santé publique, Car il a été prouvé une association indépendante entre l’hyperuricémie et l’incidence de nombreux évènements cardiovasculaires, ainsi que son impact sur la mortalité du fait des différentes complications cardiaques et vasculaires. Dans le but de mieux contrôler ce facteur de risque cardiaque et vasculaire, plusieurs approches ont été développées, parmi lesquelles la supplémentation en vitamine C. En effet, selon certaines études, la vitamine C auraient à forte dose un fort potentiel uricosurique. C’est dans cette optique que nous nous sommes proposé d’étudier l’effet de la supplémentation orale en vitamine C à forte dose sur les sujets Camerounais ayant une hyperuricémie asymptomatique à Yaoundé
Méthodologie : Il s’agissait d’une étude quasi-expérimentale (essai clinique non randomisé) de type avant/après auprès des sujets ayant une hyperuricémie asymptomatique. L’étude s’est déroulée du 1er novembre 2016 au 30 Mai 2017 dans la ville de Yaoundé. L’intervention consistait à l’administration orale journalière de 500mg de vitamine C comprimé effervescent pendant 09 semaines. L’uricémie dont la variation représentait le critère de jugement primaire était mesurée toutes les trois semaines. La collecte des données était suivie de leur codage dans les logiciels Cs Pro version 6.2. L’analyse de ces données a été réalisée à l’aide des logiciels SPSS version 20.0. Les comparaisons des variables quantitatives pour les groupe indépendants a été effectuée à l’aide du t - test de Student, et les corrélations entre les variables quantitatives étaient effectuées à l’aide du test de corrélation de Pearson Le seuil de significativité était fixé à 0.05.
Résultats : Vingt-deux participants ont été suivis, quatre ont été perdus de vue et dix-huit ont terminé l’étude. L’âge moyen de la population était de 60 ± 13 ans et les extrêmes 35 et 84 ans. Les comorbidités majoritairement retrouvées étaient représentées par l’hypertension artérielle chez 14 participants (77,78 %), l’obésité générale chez 10 participants (55,56 %). La moyenne d’uricémie de base de l’échantillon était de 84,17 ± 17,10 mg/l et les extrêmes 65,11 et 124,46 mg/l. Il y avait pas de différence statistiquement significative de l’uricémie entre les deux sexes (P = 0,62). L’uricémie était fortement et positivement corrélée à la créatininémie (r = 0,884 et p < 0,00), car la créatininémie était proportionnelle à l’uricémie. La vitamine C a réduit de façon significative l’uricémie, de 84,17 ± 17,10 mg/l en moyenne à la semaine zéro à 61,73 ± 10,43 mg/l en moyenne à la semaine neuf. Soit une diminution journalière d’environ 0,36 mg/l d’uricémie. Les effets de la vitamine C sur l’acide urique étaient observables dès la 3eme semaine de supplémentation (P < 0,001).
Conclusion : la supplémentation en vitamine C à forte dose réduit significativement l’uricémie chez les personnes ayant une hyperuricémie asymptomatique.
Mot clés : hyperuricémie asymptomatique, vitamine C, uricémie


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