Association entre syndrome d'apnées-hypopnees obstructives du sommeil et broncho-pneumopathie obstructive dans la ville de Douala

Antoinette Ghislaine TSALA
Médecine interne et spécialités, Faculté de médecine et de sciences biomédicales
June, 2017
 

Abstract

Introduction
La prévalence de la broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) varie de 4 à 10% dans les pays développés. La prévalence du syndrome d’apnées-hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS) varie de 0,3% à 5,1% dans la population générale. Très peu d’études ont été faites sur le sujet en Afrique. L’objectif de notre étude était de rechercher l’association entre le haut risque de SAHOS et la BPCO dans la ville de Douala.
Méthodologie
Cette étude s’est déroulée dans la ville de Douala du 6 Janvier au 5 Mai 2017 (4 mois). Les sujets âgés d’au moins 21 ans ont été inclus après un échantillonnage aléatoire multistratifié en grappes à trois niveaux et invités à répondre à un questionnaire électronique conçu grâce au logiciel Epi data 3.1. L’évaluation du haut risque du SAHOS a été faite par le questionnaire STOP-BANG et a été défini par un score ≥ 3. La BPCO était définie par un rapport volume expiratoire maximal à la 1ère seconde (VEMS)/capacité vitale forcée (CVF) < limite inférieure de la normale après inhalation de 400µg de salbutamol. La comparaison des proportions a été faite par le test de Chi-2 ou la probabilité exacte de Fisher. Une différence a été considérée significative si p<0,05.
Résultats
Des 1934 sujets inclus, 1048 (54,2%) sujets étaient de sexe féminin, leur âge médian (25ème-75èmepercentiles) était de 40 (28-53,25) ans et le tiers des sujets était obèse (32,9%).
La prévalence du haut risque de SAHOS était de 21,7% chez les sujets ayant la BPCO et de 21,5% chez les sujets n’ayant pas la BPCO (p=0,969). La prévalence de la BPCO chez les sujets étant à haut risque de SAHOS et chez les sujets n’étant pas à haut risque de SAHOS était similaire (2,4%).
Conclusion et recommandations
Nous n’avons pas trouvé d’association entre le haut risque de SAHOS et la BPCO dans cette étude, mais la prévalence élevée du haut risque de SAHOS chez les sujets ayant une BPCO incite à une sensibilisation des praticiens à rechercher l’association morbide SAHOS et BPCO.


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