Brûlures graves en réanimation pédiatrique : épidémiologie, clinique et pronostique

Christian Tsalla (Christian_tsalla@yahoo.fr)
Chirurgie et spécialités, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction et objectifs
Les brûlures graves sont des pathologies traumatiques qui mettent en jeu le pronostic vital et ou fonctionnel des patients. Dans le but d’actualiser nos connaissances sur cette affection, nous avons entrepris de déterminer les données épidémiologiques, cliniques et pronostiques des brûlures graves à l’Hôpital Gynéco Obstétrique et Pédiatrique de Yaoundé.
Méthode
Il s’agissait d’une étude transversale analytique concernant les dossiers d’enfants âgés de 0 à 15 ans des deux sexes, ayants été admis en hospitalisation dans le service de réanimation de HGOPY pour brûlures graves sur la période allant du 1 er janvier 2007 au 31 décembre 2016. Etaient exclus les dossiers des enfants avec brulures graves consécutives à l’ingestion de médicaments et ceux sortis contre avis médical. Nous avons ainsi étudié les données socio démographiques, les types de brûlures, les circonstances de survenue de la brûlure, le délai d’admission en réanimation, l’étendue et la profondeur de la brûlure, la durée d’hospitalisation et l’évolution. Toutes ces données ont été analysées par les logiciel CS-pro version 5.0 ; SPSS version 20.0 ; Excel.

Résultats
Durant notre période d’étude nous avons enregistré 204 patients soit une incidence d’environ 20 cas/an. La tranche d’âge de prédilection était de 1 à 4 ans (74%). On notait une prédominance du sexe masculin (59,3%). Les circonstances de survenue étaient accidentelles dans tous les cas. La brulure thermique était la plus représentée (97,1%) avec comme principale cause les liquides chauds (85,3%). L’étendue de la brulure était supérieure à 10% dans 87,3% des cas et comprise entre 20 et 40% dans 39,2%des cas. La profondeur de deuxième degré superficielle était la plus représentée (63,2%). Les localisations les plus rencontrées étaient par ordre de fréquence le tronc (73,5%), les membres inférieurs (49,5%), les membres supérieurs (47,5%). Le nombre de patients ayant été admis dans les 24heures suivant l’accident était de 172 soit 84,3%. 05 patients soit 6,9% ont bénéficié d’une prise en charge médicale pré-hospitalière et 67 patients (32,8%) ont bénéficié d’une prise en charge traditionnelle essentiellement basée sur l’application de Miel (17,1%) et d’œufs (10,1%). La durée moyenne d’hospitalisation était de 12,4 jours. La principale complication était l’infection présente dans 55,5% des cas. Nous avons noté 44 décès soit un taux de mortalité de 21,6%. Les facteurs de mauvais pronostic retrouvés étaient la surface corporelle brûlée > 40% (P value=0.000 ; V de Cramer=0.631), brûlure de 3ème degré (P value=0.001 ; V de Cramer=0.3), un délai de prise en charge hospitalière supérieur à 24heures (P value=0.003 ; V de Cramer=0.242).

Conclusion
La brûlure grave de l'enfant reste une pathologie traumatique préoccupante du fait de sa mortalité et de sa fréquence. Une prise en charge adéquate et pluridisciplinaire est indispensable. En attendant la création de centres spécialisés, nous pensons que la solution actuelle repose sur la prévention primaire, ceci à travers des séances d'éducation des masses, et le recyclage ou la formation du personnel médical et paramédical sur la prise en charge des brûlés.


********************************************************************************************