Aspects épidémiologiques des lésions pelviennes et concordance hystérosalpingongraphie-coelioscopie dans l'exploration de l'infertilité féminine

Stephane Brice Ella (ebrice19@yahoo.fr)
Gynecologie Obstétrique, Université de Yaoundé 1
June, 2017
 

Abstract

Introduction : L’infertilité féminine est fréquente et constitue un problème de santé publique. Au Cameroun comme en Afrique 20% à 30% des couples souffrent d’infertilité. La cœlioscopie est unexamen de référence diagnostique et thérapeutique dans la prise en charge des infertilités.

Objectifs : Etudier les aspects épidémiologiques et la concordance hystérosalpingographie-cœlioscopie des lésions pelviennes observées dans l’exploration de l’infertilité féminine.

Méthodologie : Nous avons mené de 10 novembre 2016 au 15 juin 2017, une étude transversaledescriptive avec une collecte prospective des données à l’hôpital général de Yaoundé, l’hôpital général de Douala, et l’hôpital gynéco-obstétrique et pédiatrique de Yaoundé. Nous avons recruté les femmes ayant réalisé une hystérosalpingographie et une cœlioscopie pendant notre période d’étude. Les données ont été reportées sur une fiche technique comprenant les paramètres sociodémographiques, cliniques et les lésions laparoscopiques et hystérosalpingographiques. Les données ont été saisies et codées dans lelogiciel CSPRO version 6.3 ; puis extraites vers le logiciel S.P.S.S (Statistical Package for SocialSciences) version 21.0 pour analyse. Les graphiques ont été produits avec le logiciel Microsoft® OfficeExcel 2010. Les variables qualitatives ont été présentées en effectifs et en fréquences, tandis que lesvaleurs quantitatives ont été présentées par leur moyenne et écart-type. Le test Kappa de Cohen a été utilisé pour déterminer le seuil de concordance entre HSG et la cœlioscopie pour les obstructions tubaires.

Résultats : Nous avons recruté 126 femmes âgées en moyenne de 32,42 ans ± 5,47. La majoritéprovenait des régions de l’Ouest (31%) et du Centre (22%). L’infertilité secondaire dominait dans 66,7%de cas. Les antécédents d’infection sexuellement transmissible étaient retrouvés chez 61 (48,4%) femmes.Le germe le plus incriminé était le Chlamydia trachomatis (78,3%). Parmi les lésions laparoscopiquesretrouvées on avait : 64,3% d’obstructions tubaires, 67,5% d’adhérences, 41,3% de myomes utérins, 29,4% de kystes ovariens et 16,7% d’endométrioses pelviennes. Le test de kappa pour concordance entrel’hystérosalpingographie et la cœlioscopie était de 0,16 pour les obstructions tubaires distales, de 0,18 pour les obstructions tubaires proximales et de 0,28 pour les obstructions tubaires générales.

Conclusion : La cœlioscopie permet de faire un meilleur diagnostic des obstructions tubaires et des adhérences pelviennes. Les adhérences pelviennes sont mieux diagnostiquées à la cœlioscopie qu’à l’hystérosalpingographie. On retrouve une concordance faible entre l’hystérosalpingographie et la cœlioscopie pour les obstructions tubaires distales et proximales.


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