L'ostéo-intégration à court terme en implantologie orale: aspects cliniques et radiologiques en contexte camerounais

Francis Daniel NKOLO TOLO (nkotofraniel@yahoo.fr)
Chirurgie buccale, maxillo-faciale et parodontologie, Université de Yaoundé 1
June, 2017
 

Abstract

L’implantologie orale est une discipline qui consiste à enfouir dans la mâchoire une racine artificielle, en titane ou en zircone. L’ostéo-intégration est la clé de succès des thérapeutiques implantaires. Elle se définit comme étant une coaptation directe, anatomique et fonctionnelle entre l’os vivant et la surface implantaire. Des critères cliniques et radiologiques ont été énoncés pour pouvoir parler de succès en implantologie. Ces critères sont valables dans un contexte qui n’est pas le nôtre. Cette étude a permis de décrire les aspects cliniques et radiologiques de l’ostéo-intégration à court terme en contexte camerounais.
De décembre 2016 à mai 2017 nous avons mené une étude descriptive longitudinale au Centre Hospitalier universitaire de Yaoundé et dans les cabinets dentaires privées de la ville de Yaoundé. La population d’étude était composée de 21 patients à qui 25 implants ont été posés. Pour chaque implant, nous avons évalué l’état de la gencive, le saignement gingival, la présence de tartre, la mobilité implantaire, la douleur. Radiologiquement nous avons noté la perte osseuse, le changement d’axe implantaire et la présence de radio-clarté péri-implantaire. L’échec implantaire a été défini par la présence d’au moins un signe négatif, clinique ou radiologique. Les données ont été analysées à l’aide du logiciel Statistical Package for Social Sciences (SPSS) version 23.0.
Nous avons inclus 21 patients durant notre période d’étude dont 71% de femmes avec un sexe ratio de 0,4 en faveur du sexe féminin. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 50 à 60 ans (57%) pour un âge moyen de 46 ans. 88% des patients avaient une alimentation mixte après la pose implantaire. Les implants de notre étude avaient les caractéristiques suivantes : forme conique, 13mm de longueur et 3,5mm de diamètre. La douleur et la mobilité implantaire étaient retrouvées dans respectivement 20% et 8% des cas. 44% des implants de notre série présentaient une perte osseuse après analyse radiologique et 28% une radio-clarté péri implantaire. 8% desdits implants présentaient un changement d’axe. La radiographie intra buccale ou rétro- alvéolaire était l’outil radiologique employé pour le suivi radiologique de l’ostéo-intégration. La durée d’implantation moyenne était de 4,12 mois. Le taux de réussite à moyen terme (4,12 mois) des implants de notre étude était de 52%.
Dans notre population d’étude, la fréquence de la douleur lors de l’examen clinique post implantaire était élevée. L’analyse radiologique post implantaire était plus marquée par la présence d’une perte osseuse. Ces aspects cliniques et radiologiques ont été décrits dans un contexte de faible consommation des thérapeutiques implantaires, un temps d’observation court et une insuffisance d’études dans cette discipline embryonnaire qu’est l’implantologie orale au Cameroun.


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