Manifestations adverses post immunisation (MAPI) chez les enfants de 6 à 44 semaines exposés au VIH: cas du Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal BIYA.

Claudia Marcelline BOLLO MENGUE (marcelineclaudia@yahoo.fr)
Pédiatrie, Université de Yaoundé I
June, 2017
 

Abstract

Introduction : La surveillance des Manifestations Adverses Post Immunisation (MAPI) est un outil important pour assurer la sécurité vaccinale. Elle renseigne sur l’incidence, les facteurs de risques des MAPI légères et sérieuses [1]. Bien qu’elles soient rares, des MAPI sérieuses ont été rapportées chez des personnes après vaccination engageant le pronostic vital et pouvant aller jusqu’à la mort ; l’une des causes peut être le statut immunitaire de l’individu vacciné, lié à une infection telle que le VIH ou à son exposition. Comparé à la population générale, ces manifestations peuvent être graves chez les personnes présentant des déficits immunitaires ou qui y sont exposées, surtout pour les vaccins vivants atténués tels que le VPO, le BCG, ou le VAA; c’est le cas des enfants nés de mères séropositives.
Objectifs : nous avions pour objectifs de déterminer la fréquence des manifestations adverses post immunisation chez les enfants de notre étude, décrire les différentes MAPI obtenues, rechercher s’il existe un lien entre leur survenue et le statut VIH de la mère.
Méthodologie: il s’est agi d’une étude épidémiologique observationnelle transversale descriptive, rétro prospective, de novembre à avril 2017. Elle s’est déroulée au Centre mère et Enfant de la Fondation Chantal BIYA (CME/FCB) de Yaoundé. Étaient inclus dans notre étude, les enfants des deux sexes, de 6 à 44 semaines (tranche correspondante à l’âge d’éligibilité aux vaccins du PEV), ayant reçu les vaccins du PEV, possédant les carnets de vaccinations à jour selon l’âge et dont les parents avaient donnés l’accord de participation à l’étude. Étaient définis comme MAPI tout événement indésirable survenant dans les 24h à 48h suivant la vaccination et pouvant aller jusqu’à 3mois. Les MAPI recherchées étaient : fièvre, éruption cutanée, cris persistants, adénopathie, abcès, BCGite, paralysie, tuméfaction parotidienne, tuméfaction au point d’injection, tuméfaction du bras, encéphalopathie, convulsion, diarrhée, vomissement. Les cas étaient considérés sévères si le patient était hospitalisé, si le pronostic vital était engagé, si la MAPI était handicapante ou s’il s’en suivait un décès ; mineures si elles n’entraient pas dans cette catégorie. La comparaison des proportions a été faite grâce au test de Chi-2 de Pearson ou le test exact de Fisher ; le seuil de significativité était fixé à 5%.
Résultats et Discussion : au terme de la période de collecte, 180 enfants ont été retenus. La fréquence globale des MAPI était de 56,7% ; chez les enfants exposés elle était de 39,4% (n=71) contre 17,2% (n=31) pour les non exposés ; il n’y avait pas de différence significative entre cette fréquence et le statut de la mère. Par contre, sur les 120 enfants nés de mères séropositives, une différence significative en ce qui concerne la présence des MAPI a été retrouvée (p-value ˂0,001). Les MAPI les plus représentés étaient : la fièvre (33,9%), tuméfaction au point d’injection (17,8%), BCGite (13,3%). En recherchant l’association entre type de MAPI et infection de la mère, les MAPI suivantes ont été retrouvés significatives : Adénopathie (p-v= 0,008 ; IC= (1,26-75,04), Abcès (p-v=0.037 ; IC= (1,00-20,09), éruption cutanée (p-v= 0,027 ; IC= (0,19-0,92).
Conclusion : au terme de notre étude, nous avons observé que la fréquence globale des MAPI était de 56,7% (n=102) et elle était de 39,4% (n=71) chez les enfants exposés/infectés contre 17,2% (n=31) chez les enfants non exposés. Nous avons observé que la survenue des MAPI aux vaccins du PEV était plus fréquente chez les enfants infectés que non infectés par le VIH.


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