Promotion Santé Bucco-dentaire à l'école d'Adjoli

Esther Marguerite Chase DJANGA (e.djanga@yahoo.com)
Santé publique, Faculté de Médecine et des Sciences Biomédicales
June, 2018
 

Abstract

Contexte: La santé bucco-dentaire fait partie intégrante du bien-être général et de l’épanouissement de l’individu. Les pathologies bucco-dentaires sont parmi les maladies non transmissibles les plus fréquentes dans le monde. Les peuples autochtones vivant en marge de la société sont autant concernés par ces pathologies. Les pathologies bucco-dentaires affectent toutes les tranches d’âge. Par ailleurs, les enfants passent majeure partie de leur journée dans des lieux d’éducation. Ainsi les écoles possèdent le potentiel pour jouer un rôle important dans la promotion de la santé en général et de la santé bucco-dentaire en particulier, des enfants.
Objectifs: Il était question de décrire la situation de la promotion de la santé bucco-dentaire plus spécifiquement, décrire le profil pathologique dentaire, parodontal et occlusal des écoliers, ensuite décrire les pratiques d’hygiène bucco-dentaire et habitudes et enfin décrire l’offre à l’école.
Matériels et méthodes : Il s’agissait d’une analyse situationnelle, transversale descriptive mixte menée à Bengbis dans l’enceinte de l’école Catholique d’Adjoli dans la Région du Sud-Cameroun. L’étude s’est déroulée du 16 décembre 2017 au 20 février 2018. Elle s’adressait aux externes de l’école. Pour la collecte, nous nous étions servis d’un guide d’entretien adressé aux enseignants et d’une fiche technique pour les écoliers composée d’un questionnaire comportant 28 items et d’une fiche d’examen clinique de l’OMS modifiée évaluant les indices CAO, cao et CPI, les traumatismes bucco-dentaires et le profil occlusal. Le traitement des données s’est fait à l’aide du module d’analyse du logiciel SPSS version 20.

Résultats : La population d’étude était composée de 70 écoliers, dont 36 garçons et 34 filles soit un sex-ratio de 1,05. Les enfants étaient repartis en tranche d’âge de 0 à 5ans (5,7%), de 6 à 9ans (52,9%), de 10à 12ans (38,6%) et 13ans (2,7%). La moyenne d’âge était de 9± 2,3ans, l’âge minimum de 5ans et maximum de 13ans. La majorité des enfants vivait avec leurs parents (85,7%), était de la tribu Bulu (74,2%), d’obédience Catholique (78,5%) et ancienne de l’école (74,3%).
La prévalence de la carie dentaire était de 50%. L’indice CAO moyen était de 2,7 ce qui traduisait un risque carieux moyen pour l’ensemble des écoliers. Les écoliers entre 6 et 9ans avaient un risque carieux élevé (CAO =4,5). Ce résultat traduisait que les enfants en début de denture mixte avaient déjà des caries sur les dents lactéales et la denture définitive qui était en train de se mettre en place était à risque. Le tartre était présent chez 75,6% des écoliers cela traduisait le besoin de motivation à l’hygiène bucco-dentaire et de détartrage. Aucun traumatisme dentaire ni parodontal n’a été retrouvé chez les écoliers. Les malocclusions pathogènes (8,4%) étaient les béances incisales 7%, le surplomb occlusal (1,4%).
Les habitudes d’hygiène bucco-dentaire étaient moyennes dans plus de la moitié de la population (53%). En plus, près de la moitié (48,7%) des enfants disaient se brosser les dents pour éviter la carie dentaire. La majorité des enfants disaient se brosser deux fois par jour le matin au réveil et le soir avant le couché. Comme adjuvants au brossage, les enfants utilisaient par ordre décroissant du sel, du charbon, du savon. Ces résultats dénotaient une bonne perception par les écoliers du brossage dentaire et son importance.
Plus de la moitié des écoliers (55,7%) a déclaré prendre un repas deux fois par jour et prenait le dernier repas avant 20 heures (64,3%). Ceci expliquait le grignotage (75%) entre les repas. Les fréquences de grignotage étaient plus hebdomadaires. Ces résultats démontraient la pratique accrue du grignotage mais à des intervalles moins réguliers chez les enfants en zone rurale.
Un grand nombre d’enfants (75,1%) a attesté avoir reçu, de leurs enseignants des pédagogies sur l’hygiène bucco-dentaire. Ceux ayant reçu des leçons ont affirmé qu’on leur a appris qu’il est important de se brosser chaque jour (44,3%), avec du dentifrice (20%). Certains (10%) ont dit n’avoir pas été orienté à la survenue d’un problème dentaire. D’autres par contre (11,4%) ont déclaré avoir été traité à l’école, ou conduit au cabinet dentaire à proximité. La plupart des enfants (75,7%) a certifié avoir déjà reçu une brosse à dent et du dentifrice au sein de l’école. Certains (11,4%) ont dit avoir reçu une application de dentifrice sur les dents (fluoration). Ces résultats traduisaient l’existence d’activités promotrices dans l’école. Mais la majorité d’entre les écoliers (75,7%) marquaient l’absence de suivi après ces activités.
Conclusion : La promotion de la santé bucco-dentaire est dans ses prémices à l’école d’Adjoli. En effet le corps enseignant et les médecins dentistes du cabinet dentaire organisaient de manière discontinue des activités promotrices de la santé bucco-dentaire au sein de l’école. Mais le manque de cohésion entre la bonne pratique de l’hygiène bucco-dentaire décrite par les écoliers et le profil pathologique alertant traduisait une faille dans ce processus. Aussi, l’étude recommandait au Ministère de la Santé Publique de mettre en place des politiques de promotion de la santé bucco-dentaire dans l’enceinte des écoles primaires.


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