SANTE BUCCODENTAIRE DES PATIENTS DU CABINET DENTAIRE D'ADJOLI BENGBIS

Jean Noël NKOLO NTSA
Santé Publique, Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Contexte : La santé buccodentaire a une place particulière dans le mode de vie de tout être humain car l’altération de celle-ci peut constituer un frein au développement personnel. De plus la prestation de soins buccodentaires est inégalement répartie à l’échelle du territoire national, au détriment des zones enclavées occupées par les peuples autochtones pygmées Baka et Bantou au Sud Cameroun. Il est donc important de décrire l’état de santé buccodentaire des populations de la zone de Bengbis, afin de mieux interpeler l’administration centrale et toute âme de bonne volonté à s’intéresser à la résolution de ce problème dont l’importance est avérée.
Objectif : L’étude visait à décrire l’état de santé buccodentaire des patients autochtones consultés dans le cabinet dentaire de l’hôpital catholique d’Adjoli Bengbis.
Méthodologie : Une étude transversale descriptive a été menée dans le cabinet dentaire de l’hôpital catholique d’Adjoli Bengbis dans le district de santé de Méyomessala au Sud-Cameroun, du 14 décembre 2017 au 8 février 2018. La collecte des données a été menée à l’aide d’une fiche technique composée de 02 parties : un questionnaire administré de 26 questions et une partie réservée à l’examen clinique évaluant les indices pathologiques (CAO et CPITN) ainsi que les autres pathologies. Le traitement des données quantitatives a été réalisé grâce au logiciel SPSS version 20.0.
Résultats : La population d’étude était constituée de 202 patients autochtones, soit 46 Baka et 156 Bantou. L’âge moyen de l’échantillon global était de 30, 8 ans. Soit 31,3 ans chez les Baka et 29,9 ans chez les Bantou, avec les extrêmes de 15 ans et 70 ans chez Baka, 16 ans et 85 ans chez les Bantou. Concernant le profil pathologique, la prévalence de la carie dentaire était de 100%. Du point de vue du CAO, l’état de santé buccodentaire des Baka était meilleur que celui des Bantou. Ainsi l’indice CAO ressort des Baka était de 7, celui des Bantou de 12,93. Au niveau parodontal, aucun individu chez les Baka n’avait de tissu sain et 60,8% avaient un score 2 de CPITN. Par contre 26,9% des Bantou avaient un tissu sain et 26,5% un score 2 de CPITN. Les pathologies buccales étaient représentées par les cellulites avec un taux de 36%, les candidoses étaient présentes quant à elles à 28%, les aphtes 20%. Dans la population d’étude, la qualité de l’HBD était majoritairement moyenne (39%), bonne à 33%, néfaste à 16% et insuffisante à 11%. Concernant les itinéraires, l’automédication était respectivement représentée au premier recours à 49%, au second à 26,3% et a 42% au recours de l’entourage. L’ethnomédecine était représentée à 33% au 1er recours, 24,4% au second et 49% au recours de l’entourage. La biomédecine était à 13% au premiers recours, 46,5% au second et 2% au recours de l’entourage. Le score global de vulnérabilité des patients était de 6,59, somme des vulnérabilités interne pathologique (2,79 / 4), contextuelle comportementale (1,7/3) et externe d'offre de soins (2,1 /3). La recommandation principale faite était l’amélioration de l’offre de soins en santé buccodentaire à Bengbis.
Conclusion : En définitive, il découle que la santé buccodentaire des peuples autochtones pygmées Baka et Bantou étai aussi néfaste l’une que l’autre. L’indice CAO des Baka était de 7, celui des Bantou de 12,93. Près de 50% des patients avaient un score 2 de CPITN. Le niveau d’BHD était moyen. Les itinéraires thérapeutiques étaient globalement inadéquats. La principale recommandation faite au gouvernement était d’améliorer l’offre de soins en santé buccodentaire dans la région du Sud en général et dans les localités de Bengbis en particulier.


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