Profil du paludisme chez le peuple Baka du Sud-Cameroun

René PENDA (renependa93@gmail.com)
Santé Publique, Université de Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Le paludisme reste l’une des plus anciennes affections dans le monde et constitue un réel problème de santé publique. Au Cameroun, il constitue l’un des principaux diagnostics. Avec une prévalence évaluée à 21%, il affecte les individus d’âge confondu. Le peuple Baka de par son statut de peuple autochtone, présente une vulnérabilité sur le plan sanitaire qui laisse présager une exposition et le développement d’une infection palustre élevée.
Objectif : Décrire l’épidémiologie du paludisme chez les Baka.
Méthodologie : Nous avons mené du 15 février 2018 au 15 Mars 2018, une étude transversale descriptive avec une collecte prospective des données dans les différents campements Baka sélectionnés dans la région du Sud. Nous avons recruté tous les Baka présents dans les campements lors de la période d’étude. Les données ont été reportées sur une fiche technique comprenant les paramètres sociodémographiques, la typologie, les modalités thérapeutiques, un examen physique et un TDRp. Les données ont été saisies et codées et analysées dans le logiciel Epi Info version 7.1.3.3. Les graphiques ont été produits avec le logiciel Microsoft Office Excel 2010. Les variables qualitatives ont été présentées en effectifs et en pourcentages, tandis que les valeurs quantitatives ont été présentées par leur moyenne et écart-type.
Résultats : nous avons recruté 292 personnes dont la sex-ratio a été de 0.80 avec une proportion du sexe féminin à 55.48% ; une moyenne d’âge à 27.1 ans. La population était principalement jeune avec 62.67% d’individus dont l’âge était compris entre nourrisson et l’adolescence. 80% de la population recrutée avaient comme niveau d’étude le primaire. En ce qui concerne les signes fonctionnels, la fièvre représentait 37.5% des signes fonctionnels chez l’adulte ; chez les enfants et les adolescents, la prostration était prédominante soit 50.94%. Sur le plan thérapeutique, 93.10% de la population avaient recours à une automédication par phytothérapie en première intention ; l’usage de la moustiquaire était à 57.48% ; on n’a enregistré 22.22% de femmes enceintes parmi celles en âge de procréation dont 21.43% de cette proportion avait eu des doses de traitement préventif intermittent. L’examen physique était dominé par l’indice splénique représentant 20.89% des signes physiques. La prévalence du paludisme quant à elle a été évaluée à 23.97%.
Conclusion : le paludisme sévit sous un mode méso-endémique dans les campements Baka qui ont été inclus dans notre étude et l’anémie en est une conséquence majeure.


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