Identification des patients au Cameroun: cas des hôpitaux de Yaoundé

Germain Emile EWANE AMOUGOU
Santé publique, Université de Yaoundé 1
June, 2018
 

Abstract

Introduction : L’identification du patient est une étape fondamentale de la prise en charge. Les enjeux de l’identification sont nombreux, il est donc important d’assurer la fiabilité de ce processus. Dans les pays africains à ressources limitées, l’identification des patients reste un véritable challenge. Cependant, aucune étude pour évaluer l’impact de ce système d’identification ainsi que les erreurs qu’il occasionne n’est disponible à ce jour.
Objectifs : L’étude visait à analyser les processus d’identification des patients dans les hôpitaux au Cameroun.

Méthodologie : Une analyse situationnelle qualitative transversale à visée évaluative avait été réalisée dans les hôpitaux de la ville de Yaoundé (HD de Biyem Assi, le CHUYet l’HGY), et les autres systèmes d’identification des personnes physiques du Cameroun (ELECAM, et le bureau de l’état civil de la Commune d’Arrondissement de Yaoundé 3) La collecte des données s’est effectuée de Mars 2018 à Mai 2018.

Résultats : Aucun texte sur l’identification des patients n’avait été retrouvé au Cameroun alors que ce processus était encadré par des lois bien définies dans les grands systèmes et les pays ayant implémenté un identifiant unique de santé. Dans deux des trois hôpitaux retenus, la cellule responsable de l’identification des patients et un personnel formé au processus d’identification étaient présent. Tous les hôpitaux où nous avons mené notre étude utilisaient les trois types de traits sociodémographiques mais seul l’HGY authentifiait l’identité des patients par la présentation systématique d’une pièce officielle. Aucun identifiant n’était disponible à l’HD de Biyem Assi. L’HGY et le CHUY attribuaient des identifiants avec des caractères alphanumériques signifiants générés à partir des traits de chaque patient. ELECAM et le Bureau de l’état civil attribuaient eux aussi des identifiants. Les identifiants uniques de santé attribués dans les pays retenus avaient des structures numériques, non signifiantes pour la plupart avec une clé de contrôle. Tous les hôpitaux effectuaient la recherche d’antériorité. Des erreurs d’identification n’étaient pas répertoriées dues à l’absence de cellule d’identito-vigilance dans nos hôpitaux. Le support de collecte de données était principalement du papier dans les hôpitaux.
Conclusion : Le système d’identification des patients dans les hôpitaux du Cameroun est peu efficace


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