sante bucco-dentaire des enfants autochtones du foyer d'adjoli-bengbis

Mamouda Montie Njoya
Santé publique, Université de Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Contexte : La santé bucco-dentaire représente un réel problème de santé publique dans le monde. Une prévalence de plus en plus importante de ces pathologies est observée dans les pays touchés par la pauvreté, la précarité, la malnutrition et marqués par des insuffisances en matière de soins bucco-dentaires. C’est ainsi que pour agir dans un foyer ou des enfants vivent en communauté on fera appel à la notion de santé communautaire. Les peuples autochtones sont des peuples vivants dans la forêt. Ils ont une information insuffisante sur la santé buccodentaire notamment, leurs enfants. Pour certains de ces enfants vivant en foyer scolaire Ceci peut se retrouver renforcé vu qu`ils vivent en communauté étant soumis à la même éducation et au même régime alimentaire, la question ici étant de savoir si leur état bucco-dentaire serait meilleur d`où la nécessité d’évaluer leur état bucco-dentaire, de décrire leur habitudes d`hygiène buccodentaire et leur accès aux soins.
Objectifs : L’étude visait l’évaluation de la santé bucco-dentaire des enfants du foyer scolaire d’Adjoli-Bengbis vivant en communauté, plus spécifiquement il s’agissait d’évaluer la prévalence des pathologies carieuses et muco-parodontales, de décrire les habitudes d’hygiène bucco-dentaire et de décrire l’offre de soins.
Méthodologie : Une étude transversale mixte (quantitative et qualitative) a visé évaluative a été menée au sein du foyer scolaire d’Adjoli-Bengbis situé dans le département du Dja et Lobo qui se trouve dans la Région du sud-Cameroun du 20 décembre 2017 au 26 février 2018. La colette des données a été menée à l’aide d’une fiche technique et d’un guide d’entretien ; la fiche technique était adressée aux enfants du foyer et comportait 2 parties : un questionnaire administré de 19 questions et une fiche d’examen clinique évaluant les indices (CAO et CPI) et les autres pathologies bucco-dentaires, le guide d’entretien était adressé aux superviseurs du foyer et avait 11 questions. Le traitement des données a été réalisé grâce au logiciel SPSS 2.0 les données étaient restituées en cao, CAO et CPI et les résultats étaient transmis en tableaux et graphiques. Les données qualitatives ont été collectées et systématiquement transcrites.
Résultats : La population était constituée de 147 enfants avec une moyenne d’âge de 3,41ans, un sex-ratio de 1, un écart type de 0,72, un minimum de 3 ans et un maximum de 14 ans.
Concernant le profil pathologique, la prévalence globale des caries était de 60,54%. L’indice cao total des dents temporaires était de 0,85 et CAO total de 1,23 avec un indice CAO/cao global de 1,46 ceci traduisait un niveau d’atteinte carieuse bas. L’état du parodonte était caractérisé par une présence de tartre à 70,77%, les filles étaient plus atteintes que les garçons, une présence de saignement à 6,8% ceci traduisait que plus de la moitié de la population nécessitait un détartrage et l’élimination des facteurs de rétention de la plaque et l’enseignement de l’hygiène bucco-dentaire. Les autres pathologies étaient très peu retrouvées.
Concernant l’hygiène bucco-dentaire, plus de la moitié de la population avait déclaré se brosser deux fois par jour (58,2%), et après les repas (58,3%) ceci s’expliquant par le fait que les enfants vivent en communauté donc soumis à une même éducation. La majorité (90%) présentait un brossage horizontal ceci dû à mauvais suivi des enfants. La majorité (95%) avait déclaré se brosser avec une brosse à dent et plus de la moitié (56%) avait déclaré utiliser un dentifrice contre 31,9% qui déclarait utiliser le savon ceci à cause d’un mauvais contrôle des enfants. La qualité des pratiques d’hygiène bucco-dentaire étaient approximatives pour la majorité de la population (80%) ceci à cause d’un sens de brossage déconseillé.
Concernant l’offre de soins, la majorité de la population (72,78%) avait besoin de 301 obturations et de 102 détartrages (79,06%) ceci dû au fait que les pathologies carieuses et la présence de tartre étaient de loin majoritaires. Près de la moitié (30%) se faisait prendre en charge au cabinet dentaire contre 8,2% qui ne bénéficiait d’aucun soin et 69,4% qui utilisait des plantes médicinales et l’automédication quand ils retournaient chez leur parent. La majorité des enfants (96%) recevait une éducation sanitaire et plus de la moitié (58,5%) un suivi lors du brossage ceci s’expliquant par le fait qu’ils vivent en communauté alors que 15,6% et 32% ne bénéficiait d’aucune éducation sanitaire et d’un suivi lors du brossage.
La vulnérabilité globale de la population était élevée (4,76/10), avec une composante externe d’offre de soins majoritaire (1,75/3) pourtant le foyer possède le matériel adéquat mais les enfants n’y ont pas accès.
Conclusion : L’état de santé bucco-dentaire des enfants du foyer d’Adjoli-Bengbis vivant en communauté n’était pas bon au vu du profil pathologique dominé par les caries et le tartre, des habitudes d’hygiène bucco-dentaire approximatives et l’offre de soins. Aussi l’étude recommande donc au Ministère de la santé publique de Promouvoir des campagnes de santé bucco-dentaire dans des foyers scolaires du Cameroun.


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