Screening phytochimique, propriétés analgésiques et toxicité aigue de l’extrait de l’écorce de la tige de Paullinia pinnata (Sapindaceae)

Rosette Xaverie NGONO
Pharmacologie et toxicologie, Universite de Yaounde I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Paullinia pinnata est une liane de la famille des Sapindaceae. Cette plante a pour principale caractéristique une feuille composée de 05 folioles avec une foliole à l’apex plus grosse que les autres lui donnant un aspect imparipenné. Cette plante est très connue pour ses multiples usages traditionnels parmi lesquels : le traitement du rhumatisme en Côte d’Ivoire (la tige). En médecine vétérinaire, elle est utilisée pour traiter les inflammations du bétail. Cette étude a été faite en utilisant la décoction comme méthode d’extraction telle qu’elle est utilisée traditionnellement pour soulager les patients souffrant de sciatique. L’objectif général de cette étude était donc d’évaluer les propriétés analgésiques et anti-inflammatoires de l’extrait aqueux des écorces de la tige de P. pinnata.

Méthode : le screening phytochimique de l’extrait aqueux des écorces de la tige de P.pinnata a été fait pour déterminer sa composition chimique.
Pour évaluer l’activité anti-inflammatoire, l’inflammation a été induite en injectant 20 µL de l’albumine de l’œuf au niveau de la patte droite du rat pour induire un œdème. Les rats étaient repartis en 05 groupes et traités ainsi qu’il suit : groupe 1 (eau distillée), groupe 2 (indométacine 10mg/kg), groupe 3 (125 mg/kg extrait), groupe 4 (250 mg/kg), groupe 5 (500mg/kg). L’extrait a été administré par voie orale par gavage et l’indométacine par injection intra péritonéale. L’évolution de l’œdème a ensuite été évaluée pendant 5 heures après.
Pour le test d’analgésie, nous avons induit la douleur en injectant 20 µL de formaline à 2 % au niveau de la patte droite des souris. Les souris étaient réparties en six groupes de traitement : groupe 1 (eau distillée), groupe 2 (indométacine 10 mg/kg), groupe 3 (morphine 2 mg /kg), groupe 4 (125 mg/kg extrait), groupe 5 (250 mg/kg extrait), groupe 6 (500 mg/kg extrait). Chaque souris a été observée pendant 30 minutes après l’injection. L’extrait a été administré par voie orale en utilisant une sonde de gavage, la morphine et l’indométacine ont été administre par voie intra péritonéale.
Pour le test de toxicité aigüe, nous avons administré l’extrait à la dose de 2000mg/kg de poids corporel aux rats des groupes test qui ont ensuite été observés pendant 14 jours. Les résultats obtenus ont été compléter par des tests biochimiques.

Résultats et discussion : Le screening phytochimique a révélé la présence des flavonoïdes, quinones, polyphénols, coumarines et des tanins catéchiques.
Pour le test de l’activité anti-inflammatoire, en comparant avec l’indométacine, l’antiinflammatoire conventionnel utilisé, nous avons observé une inhibition significative de l’œdème inflammatoire pour toutes les doses de l’extrait à partir de la 3ième heure. Cette inhibition n’était pas dose dépendante.
Pour le test d’analgésie, nous avons observé une inhibition non significative de la douleur au cours de la phase précoce pour toutes les doses de l’extrait mais significative pour les autres phases. Cette inhibition était plus marquée que celle de l’indométacine. Alors que la morphine l’antalgique de référence utilisé a inhibé significativement la douleur à toutes les phases.
Aucune létalité n’a été observée lors du test de toxicité aigüe. Les tests biochimiques ont révélé une augmentation non significative du taux d’ALAT chez les mâles.

Conclusion : les résultats obtenus permettent de conclure que les écorces possèdent une activité anti-inflammatoire cependant les résultats obtenus lors de la phase précoce du test à la formaline ne permettent pas de conclure de la présence ou l’absence d’un mécanisme central.


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