LES CELLULITES CERVICO-FACIALES DIFFUSEES D’ORIGINE BUCCO-DENTAIRE : RÔLE DES ANTI-INFLAMMATOIRES NON STEROЇDIENS. ETUDE CAS TEMOINS

Flavienne Marie Ngo Ndjepel 2
Médecine bucco-dentaire, Yaoundé I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Les cellulites cervico-faciales d’origine bucco-dentaire sont des inflammations et infections polymicrobiennes des tissus cellulo-adipeux de la face et du cou ayant pour origine un organe dentaire ou péri-dentaire. Elles ont des capacités extensives et peuvent engager le pronostic vital. Classées selon leur évolution et leur topographie, on distingue les cellulites aigues, chroniques, circonscrites et diffuses. Cependant parmi les cellulites diffuses nous avons les cellulites diffuses d’emblée qui sont rapides et sans limitation à l’extension et les cellulites diffusées qui sont le passage progressif de la phase circonscrite à la phase diffuse. Du fait de cette inflammation, le patient sera mis soit par le médecin ou par automédication sous antalgiques et la plupart du temps sous anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS).
Les AINS peuvent-ils donc induire la diffusion des cellulites ? Dans la littérature, les résultats des études divergent. Ainsi notre étude se propose de contribuer en évaluant le rôle des AINS dans le processus de diffusion des cellulites cervico-faciales dans les régions du Centre, du Nord et du Sud du Cameroun.
Méthodologie : Nous avons réalisé une étude cas-témoins pendant une période de 8 ans et 4 mois dans cinq hôpitaux du Cameroun. Elle s’est déroulée en deux phases, rétrospective (Janvier 2010 à Décembre 2017) et prospective (Janvier 2018 à avril 2018) et consistait à étudier tous les dossiers des patients présentant une cellulite cervico-faciale d’origine bucco-dentaire après confirmation du diagnostic par un praticien. Les paramètres suivants ont été étudiés :
 Les caractéristiques du patient (âge, sexe, profession, région d’origine) ;
 Les antécédents du patient (médicaux, toxicologiques, médicamenteux) ;
 Les signes fonctionnels (douleur dentaire, trismus, dyspnée, dysphagie) ;
 Les signes cliniques (tuméfaction, localisation, érythème cutané, fièvre, diffusion, fistulisation) ;
 La prise d’anti-inflammatoire non stéroïdien avant consultation (nom, dosage, posologie, durée) ;
 L’évolution (type de prise en charge, durée de l’hospitalisation).
Résultats : Quatre vingt seize patients ont été inclus. Les seuls critères de gravité significativement différents entre les deux groupes étaient la dysphagie, la dyspnée, le trismus et le traitement médico-chirurgical en analyse univariée (p< 0,05). La prise d’AINS n’a pas été identifié comme facteur de risque prédictif de diffusion des cellulites cervico-faciales en analyse univariée comme en analyse multivariée [OR 2,29 IC (0,77-7,21)] p=0,10.
Conclusion : Il ressort de notre étude que l’AINS n’est pas un facteur prédictif de diffusion des cellulites cervico-faciales diffusées d’origine bucco-dentaire. Et s’il en est un, il faudrait considérer la présence d’autres éléments probablement en rapport avec la constitution individuelle capables d’entrer en jeu dans le mécanisme de diffusion de ces cellulites.


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