Evaluation des bonnes pratiques de dispensation des médicaments en officine de pharmacie dans la ville de yaoundé

Abiba Anastasie Mbele-Owona
Pharmacie galénique et législation pharmaceutique, Université de Yaoundé 1
June, 2018
 

Abstract

Introduction : La dispensation est l’acte pharmaceutique qui associe à la délivrance des médicaments « l’analyse pharmaceutique de l’ordonnance médicale si elle existe, la préparation éventuelle des doses à administrer et la mise à disposition des informations et des conseils nécessaires au bon usage des médicaments ». La dispensation des médicaments est réservée par la loi aux pharmaciens en raison de leurs compétences pharmaceutiques et doit être réalisée en conformité avec les bonnes pratiques. Au Cameroun, l’exercice de la profession est soumis à la loi n° 90-035 du 10 aout 1990 portant exercice et organisation de la profession de pharmacien. La dispensation des médicaments n’est règlementée par aucun texte de lois au Cameroun.
Nous avons entrepris notre étude dans le but d’observer les pratiques de dispensation des médicaments en officine de pharmacie dans la ville de Yaoundé.
Objectifs : L’Objectif général de notre étude était de décrire les pratiques de dispensation des médicaments dans les pharmacies d’officines dans la ville de Yaoundé.
Spécifiquement il était question de :
1. Etudier la vérification formelle de la validité de l’ordonnance dans les officines de pharmacie de la ville de Yaoundé
2. Déterminer l’Analyse pharmaceutique des prescriptions dans les officines de pharmacie de la ville de Yaoundé.
3. Analyser la délivrance dans les officines de pharmacie de la ville de Yaoundé.
Méthodologie : Au cours de notre étude, nous avons réalisé une étude descriptive et transversale du 1 ier Novembre 2017 au 4 juin 2018 dans les officines de pharmacie du département du Mfoundi, principalement dans la ville de yaounde. La technique d'échantillonnage utilisée est l'échantillonnage en grappe.
Résultats :
Notre étude comporte un échantillon de 80 pharmacies ayant données leur consentement. Le taux de participation en fonction du genre était de 67% pour le genre féminin et 33% de masculin. Les années d’expériences sont représentées : De 1-5ans (58%), De 5-10ans (25%), De 10-20ans (10%), Plus de 20ans : 6,3%. Avec la participation de 23 pharmaciens assistants, de 43 pharmaciens titulaires et de 14 auxiliaires pharmaceutiques. Notre étude a été fait dans les officines des districts sanitaires de la ville de Yaoundé : 37 de DJOUNGOLO, 12 d’EFOULAN, 11 NKOLNDONGO, 11 de la CITE VERTE, 7 de BIYEM ASSI, 2 de NKOLBISSON.
Dans certaines pharmacies de notre étude ont été observé quelques absences temporaires (41,3%) et dans quelques autres 58,8% des pharmaciens disent être toujours présent dans leur officine.
Dans 38,8% des cas le pharmacien était toujours présent et dispensait tout en accompagnant son personnel dans cet acte. 53,8% le faisait souvent et 3,8% le faisait rarement et voir jamais.
De façon générale, le respect du secret professionnel était respecté dans 85% des pharmacies de notre étude. L’identification du patient était toujours réalisée dans 54% des cas, souvent dans 44% et rarement dans 2% des cas. Tandis que l’identification du prescripteur a été toujours fait par les participants dans 9% des cas et rarement dans 7% des cas.
Concernant la vérification validité de l’ordonnance, la proportion de participant vérifiant l’authenticité de la prescription était de 71% pour souvent, 16% pour toujours et 13% pour rarement.
La vérification des contre-indications était faite dans 8,8%. Nous avons observé que dans 22% des cas ces réactions allergiques était pris en compte. Or dans 48,8% des cas, elles étaient seulement souvent prises en charge contre 21,3% rarement et 2,5% jamais.
Le pourcentage auquel les interactions médicamenteuses étaient toujours recherchées était de 17,5% contre 13,8% jamais. La vérification des posologies des médicaments prescrits était de 49% contre 51% de souvent.
Dans 60% des cas le mode d’administration était dit être toujours contrôlé contre 40% de souvent. La durée du traitement était souvent contrôlée à 50% des cas contre 1,3% de jamais. Dans 66% des cas cette possibilité de substitution était souvent recherchée et proposée. Dans 53,8% des cas une opinion pharmaceutique était formulée.
Dans 66,3% des cas des questions pertinentes étaient toujours posées aux patients pour juger de la gravité des symptômes de la pathologie évoquée.
Conclusions Notre étude portait sur l’évaluation des bonnes pratiques de dispensation des médicaments en officine de pharmacie dans la ville de Yaoundé. Pour cela nous avons obtenu 80 pharmacies ayant répondu favorablement à notre demande. Ces officines étaient représentées dans le district de Djoungolo, ensuite Efoulan, Nkolndongo, Cite verte, Biyem Assi, Nkolbisson. Il en ressort des résultats obtenus au cours de notre étude que les participants ne pratiquent pas de façon convenable les bonnes pratiques de dispensation des médicaments.


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