Connaissances,Attitudes et pratiques des Medecins Bucco-dentaires sur la Prescription des Examens Biologiques Sanguins en Odontostomatologie dans la ville de Yaoundé

Hermine Carole KOUAM
Medecine bucco-dentaire, Universite de Yaoundé. I
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Les examens biologiques sanguins prennent une place de plus en plus importante en odontostomatologie. Ceux-ci ont pour buts de fournir des informations sur diverses pathologies, d’estimer les risques, notamment hémorragiques et infectieux que l’acte chirurgical fait courir au patient en fonction de son état et de confirmer ou infirmer une suspicion d’un état pathologique. Ils ne sont pas prescrits de façon systématique.

Objectifs : Notre étude avait pour objectif de déterminer le niveau de compétences des médecins bucco-dentaires de la ville de Yaoundé sur la prescription d’examens biologiques sanguins en odontostomatologie. De manière spécifique il s’agissait de déterminer leurs connaissances sur la prescription (i), leurs attitudes vis-à-vis de cette prescription (ii) et de décrire leurs pratiques de prescription (iii).

Méthodologie : Une enquête descriptive a été menée du 05 février au 26 Avril 2018 auprès des médecins bucco-dentaires de la ville de Yaoundé. L’outil de collecte des données était un questionnaire de 47 éléments auto-administre in situ. L’échantillonnage était consécutif et comportait 67 médecins bucco-dentaires. Les données ont été analysées par le logiciel SPSS.

Résultats : L’enquête a porté sur 41 cabinets dentaires de la ville de Yaoundé, pour un échantillon de 67 médecins bucco-dentaires. Soixante participants (89,65%) pensaient qu’il existait des examens biologiques hématologiques, biochimiques et sérologiques. Pour soixante dentistes (89,6%), les pathologies hématologiques, immunitaires, métaboliques sont des situations de prescription d’analyses biologiques sanguines. Trente-sept enquêtés (55,2%) déclaraient prescrire en cas de médication par les antiagrégants plaquettaires et les anticoagulants, vingt-trois (34,4%) pour une médication aux anticoagulants uniquement, et sept (10,4%) pour une médication aux antiagrégants plaquettaires uniquement. Cinquante-trois médecins bucco-dentaires (79,1%), auraient prescrit l’examen sanguin avant l’acte chirurgical.
Cinquante un participants (76,1%) pensaient que l’analyse biologique a une importance en odontostomatologie. L’état général aurait pu influencer la prescription d’examens biologiques sanguins chez 98,5% (n=66). Les antécédents du patient auraient également pu influencer la décision de prescription d’examens sanguins chez 92.5% (n=62).
Cinquante un participants (73,12%) auraient prescrit un examen biologique sanguin en cas de suspicion de pathologies générales. Pour 94,1% (n=48), l’examen sanguin aurait pour rôle d’éviter des risques per et/ou post-opératoires. Pour ceux prescrivant des analyses sanguines à titre diagnostique, en cas de diabète suspecté, quarante-huit enquêtés (92,3%) auraient prescrit la glycémie à jeun, 82,7% (n=43) auraient prescrit la numération de la formule sanguine en cas d’anémie suspectée, cinquante médecins bucco-dentaires (96,2%) auraient prescrit le test de dépistage Elisa pour une infection au VIH suspectée et en cas d’hépatite suspectée, 9 praticiens (11,8%) prescriraient un test d’Elisa. Trente répondants (58,8%) prescriraient des tests de surveillance des pathologies générales. Pour ces derniers, 16,7% des dentistes (n=5) auraient prescrit l’association glycémie et hémoglobine glyquée en cas de diabète connu, 13,3% praticiens (n=4) auraient prescrit l’association temps de saignement, temps de quick, hémogramme et taux de lymphocytes CD4 en cas d’infection au VIH connue, 7 praticiens (23,3%) auraient prescrit l’association hémogramme, temps de saignement, numération plaquettaire, temps de quick, temps de thrombine et créatinémie en cas d’insuffisance rénale et hémodialyse connues. Pour ceux qui prescriraient des tests de surveillance, en cas de traitement chronique à base d’antiagrégants plaquettaires 26,7% (n=8) auraient prescrit le temps de quick, et quinze répondants (50%) auraient prescrit l’International Normalized Ratio (INR) en cas de traitement par un anticoagulant. Cinquante un participants (95,5%) disaient nécessaire d’élaborer un guide de prescription d’analyse biologique sanguin camerounais.

Conclusion : Nos résultats suggèrent un besoin d’améliorer les compétences des odontostomatologues en matière de connaissances sur la prescription d’examens biologiques sanguins (i), d’attitudes vis-à-vis de cette prescription (ii) et de pratiques de prescription (iii) en odontostomatologie.


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