Compétences des personnels soignants vis-à-vis de la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux dans la région du Centre: Cas de huit villes en périphérie de Yaoundé

Prisca BEYENE NTSAMA
Medecine bucco-dentaire, Universite de YaoundéI
June, 2018
 

Abstract

Introduction : Le traumatisme maxillo-facial se définit comme l’ensemble des lésions de nature traumatique touchant la partie antérieure de l’extrémité céphalique, limitée en haut par un plan passant par son sommet et en bas par la tangente à la pointe du menton. Indépendamment de toute lésion associée, les traumatismes de la face peuvent engager ou non le pronostic vital, en fonction de la gravité. Véritable problème de santé publique, La traumatologie maxillo-faciale fait partie des urgences chirurgicales de par la gravité et l’étendue des diversités des lésions maxillo-faciales.
Objectif : Notre étude avait pour but d’évaluer le niveau de compétence des personnels soignants vis-à-vis de la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux.
Méthodologie: Une enquête CAP a visée analytique a été menée durant une période de cinq mois allant de Décembre 2017 à Avril 2018 auprès des personnels soignants des hôpitaux de Districts de Mbalmayo, Ngoumou, Obala, Okola, Soa, Mbankomo, Mfou et Awae. La population cible était constituée des personnels soignants exerçant dans les services d’accueil des urgences. L’outil de collecte était un questionnaire auto-administré in situ de 43 questions. Les données étaient analysées par le logiciel Epi Info 3.5.4. Le rapport de cote (OC) avec son intervalle de confiance à 95% a été utilisé pour apprécier l’association entre le niveau de connaissances, d’attitudes et de pratiques.

Résultats: La population d’étude était constituée de 105 personnels soignants repartis dans les hôpitaux de District des villes de Mbalmayo, Ngoumou, Obala, Okola, Soa, Mbankomo, Mfou et Awae. Notre échantillon était représenté par 39% d’IDE (n=41), 26,7% d’EMG (n=28), 21,9% de médecins généralistes (n=24), 7,6% d’infirmiers spécialisés (n=8), et 4,8% de chirurgiens (n=5). Le sexe ratio était de 1,69 en faveur du sexe féminin, la moyenne d’âge étant de 32ans avec des extrêmes compris entre 22 à 51ans.
S’agissant des connaissances globales, le niveau quant à la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux était jugé mauvais à 88% soit un effectif de 93 personnels soignants. 1% d’entre eux avait un bon niveau. Le grade d’IDE était un facteur d’exposition à la mauvaise connaissance avec un intervalle de confiance (IC) de 1,29 (0,1-38,96).
S’agissant des attitudes globales de notre échantillon, elles étaient jugées néfastes pour 41% soit 43 personnels soignants. Il existe un lien significatif (p<0,05) entre le grade professionnel et les attitudes erronées représenté par les médecins généralistes (p=0,00), les EMG (p=0,00) et les infirmiers spécialisés (p=0,01).
S’agissant des pratiques globales des personnels soignants vis-à-vis de la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux, le niveau était jugé néfaste pour 89% de notre échantillon soit 93 praticiens.
La quasi-totalité (81%) des personnels soignants (n=85) aurait des compétences insuffisantes s’agissant de la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux. Il a été établi une corrélation entre les compétences professionnelles et leur profil sociodémographique. La tranche d’âge de 29 à 39 ans augmenterait avec un intervalle de confiance(IC) de 1,9 (0,69-5,51), le risque d’avoir des compétences insuffisantes. Le sexe féminin serait un facteur d’exposition aux compétences insuffisantes avec un intervalle de confiance(IC) de 3,22 (1,16-9,08) et un lien de significativité p= 0,02. Le grade professionnel d’IDE augmenterait de 2,2 (0,75-7,28) fois le risque d’avoir des compétences insuffisantes sur la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux.

Conclusion: Notre étude se proposait d’évaluer le niveau de compétences des personnels soignants des hôpitaux de District des villes de Ngoumou, Soa, Mbalmayo, Mfou, Obala, Mbankomo, Awae, et Okola sur la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux. Au vu de ces résultats nous pouvons dire que le niveau de compétences des personnels soignants vis-à-vis de la prise en charge des traumatismes maxillo-faciaux est insuffisant. Il en ressort de ce fait un besoin urgent pour les personnels soignants d’améliorer leurs compétences sur le sujet, et d’élaborer des stratégies pour une meilleure prise en charge.


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